Qu’est-ce que la Koutla démocratique et quel est son héritage ?

HISTOIRE POLITIQUE · ALLIANCES

Qu’est-ce que la Koutla démocratique et quel est son héritage ?

Créée le 17 mai 1992 par cinq formations de l’opposition, la Koutla démocratique a porté un projet commun de réformes politiques, institutionnelles et sociales. Son histoire aide à comprendre l’alternance de 1998 et les relations entre l’Istiqlal, l’USFP et le PPS.

Publié le 13 octobre 2026 · sources partisanes et institutionnelle
EN BREF« Koutla » signifie bloc. La Koutla démocratique était un cadre de coordination fondé en 1992 par l’Istiqlal, l’USFP, l’UNFP, le PPS et l’OADP. Elle ne doit pas être confondue avec une simple coalition électorale ou gouvernementale.

1. Pourquoi la Koutla est-elle créée en 1992 ?

Au début des années 1990, plusieurs partis issus du mouvement national ou de la gauche cherchent à coordonner leur action face aux enjeux politiques, économiques et sociaux du pays. L’Istiqlal et l’USFP avaient déjà présenté en 1991 un mémorandum commun réclamant des réformes politiques et constitutionnelles.

La charte du 17 mai 1992 donne à cette convergence un cadre permanent. Elle présente la Koutla démocratique comme un espace ouvert destiné à coordonner les positions de ses membres et à unifier leurs efforts autour d’objectifs communs.

2. Quels étaient les cinq partis fondateurs ?

PIParti de l’IstiqlalM’hamed Boucetta
USFPUnion socialiste des forces populairesAbderrahmane Youssoufi
UNFPUnion nationale des forces populairesAbdallah Ibrahim
PPSParti du progrès et du socialismeAli Yata
OADPOrganisation de l’action démocratique populaireMohamed Bensaïd Aït Idder

Ces cinq dirigeants ont signé la charte constitutive au nom de leurs formations. La Koutla réunissait ainsi des traditions partisanes différentes autour d’un programme de réforme partagé.

3. Que demandait la charte fondatrice ?

01Une réforme constitutionnelle approfondie

Équilibre des pouvoirs, responsabilité gouvernementale, indépendance de la justice et protection des droits.

02Des institutions représentatives crédibles

Garanties politiques, juridiques et administratives pour préserver la liberté et la sincérité des élections.

03Un projet national de développement

Emploi, éducation, santé, logement, justice sociale et réduction des écarts territoriaux.

04Un climat d’ouverture politique

Respect des libertés, retour des exilés, libération des détenus politiques et dialogue social.

La charte abordait également la lutte contre la corruption, les droits des femmes et des enfants, l’environnement, l’unité territoriale et la construction du Maghreb.

4. Quel rôle a-t-elle joué dans les réformes et l’alternance ?

L’Istiqlal et l’USFP présentent un mémorandum commun de réformes politiques et constitutionnelles.

Les cinq formations signent la charte fondatrice de la Koutla démocratique.

La Koutla présente un nouveau mémorandum constitutionnel. Ses membres adoptent ensuite des positions différentes sur le projet soumis à référendum.

Le bloc de la Koutla obtient 102 sièges selon le décompte repris dans un rapport de l’Assemblée nationale française.

Abderrahmane Youssoufi, premier secrétaire de l’USFP, dirige le gouvernement dit d’alternance consensuelle.

La Koutla n’a donc pas été seulement une entente électorale. Elle a servi de cadre à des mémorandums communs, à des revendications institutionnelles et à la préparation politique de l’alternance.

5. Pourquoi la Koutla s’est-elle progressivement réduite ?

L’unité des cinq fondateurs n’a pas duré sous sa forme initiale. L’UNFP s’est retirée. Après 1998, l’OADP a refusé de participer au gouvernement, tandis que l’Istiqlal, l’USFP et le PPS entraient dans la majorité. Le nom de Koutla a ensuite surtout désigné ce noyau de trois partis.

Leurs trajectoires, leurs alliances et leurs choix gouvernementaux ont toutefois divergé au fil des élections. La Koutla est ainsi devenue davantage une référence historique qu’une organisation politique active disposant d’une direction et d’un programme commun permanents.

6. La Koutla est-elle de retour en 2026 ?

L’Istiqlal, l’USFP et le PPS participent tous les trois à la majorité gouvernementale annoncée en octobre 2026, aux côtés du PAM. Cette réunion des trois composantes historiques peut rappeler la Koutla, mais elle ne suffit pas à établir sa reconstitution.

CE QUI EST OFFICIEL

La majorité annoncée réunit le PAM, le PI, l’USFP et le PPS autour de la formation du gouvernement.

CE QUI NE L’EST PAS

Aucune charte commune ni structure officiellement présentée comme une nouvelle Koutla n’a été annoncée dans le communiqué de majorité.

Il est donc plus exact de parler, à ce stade, de réunion des trois partis historiques de la Koutla au sein d’une nouvelle majorité, et non de renaissance officielle de la Koutla.

Voir la composition de la majorité gouvernementale de 2026 →

Sources

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